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UNE LOI POUR LE PATRIMOINE

PAR Philippe Pujas
vendredi 14 septembre 2012

Les Journées du Patrimoine vont ce week-end, comme tous les ans, connaître un grand succès. Cette année, elles se déroulent dans un contexte particulier, celui des restrictions budgétaires qui vont affecter le ministère de la culture, et de l’installation d’un nouveau gouvernement qui doit, plus que jamais, être rigoureux dans ses choix. Il semble qu’Aurélie Filipetti ait une double obsession, qu’elle vient d’exprimer une fois encore en ouvrant ces Journées du patrimoine : définir de vraies politiques affirmant la présence de l’État, rappeler que la culture prend sa place dans l’économie.

Pour ce deuxième point, rien de plus facile : les chiffres existent, ils soulignent la part de son patrimoine dans l’attractivité de la France, la ministre n’a qu’à les citer, et elle ne se prive pas de le faire. Le contexte y invitait.

Reste la définition d’une vraie politique du patrimoine. C’est fait, et c’est ambitieux. De Metz, où elle s’exprimait, la ministre de la culture a annoncé la préparation d’un projet de loi sur le patrimoine. Un projet à large envergure, puisqu’il engloberait, avec les édifices protégés, "les autres domaines constitutifs de notre patrimoine, qu’il s’agisse de l’archéologie, des archives ou des musées.", et qu’il s’intéresserait aussi au paysage.

La ministre plaide pour l’actualisation d’un droit dont un des socles reste la loi de 1913 sur les monuments historiques. Mais elle souligne aussi "un certain affaiblissement de la protection juridique de notre patrimoine depuis quelques années". Il est hélas indéniable, et Policultures s’en est fait l’écho, que les digues qui protégeaient le patrimoine ont subi de vives attaques et ont été rendues vulnérables. Il est bon que le point soit fait, et que l’ensemble retrouve l’indispensable solidité.

On se souvient, parmi les dernières attaques, de celles qui venaient de la loi dite "de simplification du droit". Le dernier avantage d’une loi sur le patrimoine, avance Aurélie Filipetti, serait qu’elle opposerait "une vision d’ensemble du droit du patrimoine". Après avoir amené députés et sénateurs à "se poser, enfin, des questions essentielles pour ce domaine : pourquoi conserver, comment articuler conservation et innovation, quels bénéfices économiques, sociaux et culturels peut-on attendre du patrimoine ?"

On se souviendra que cette perspective est ouverte le jour où, en d’autres instances, le Président de la République lançait une grande concertation sur l’environnement. Et on se dira que les deux sujets sont liés, qu’ils ont l’un et l’autre à voir avec le visage de la France…

Philippe PUJAS