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BILANS

PAR Philippe Pujas
samedi 4 février 2012

L’élection présidentielle offre l’occasion de s’interroger sur la politique conduite depuis cinq ans. Le rappel par le département des études du ministère de la culture de quarante ans d’analyse des pratiques culturelles des Français appelle, lui, à s’interroger sur un temps plus long, et à voir quels sont, sur la durée, les succès et les échecs des politiques culturelles de la France.

Le bilan des cinq ans passés, on constate vite qu’on ne peut le séparer de celui des gouvernements de droite qui se sont succédé depuis 2002. Ce qu’on relève de plus évident, c’est qu’il y a eu, dès le gouvernement Raffarin, une emprise libérale sur la politique suivie : autonomie croissante des grands établis sements, mise en marché de tout ce qui pouvait l’être, plus grande sensibilité aux enjeux industriels qu’au développement culturel.

Sur la longue durée, que le DEPS nous invite à regarder, on ne peut manquer d’être frappé par l’évolution préoccupante dans deux domaines majeurs : la lecture, la musique classique. Et là, on peut parler de continuité. Ce qu’on constate, en effet, c’est un processus de lente dégradation de la situation, que les politiques n’ont pas réussi à enrayer. Dans deux situations fort différentes. La baisse de la lecture s’est produite alors que des efforts considérables étaient réalisés par les pouvoirs publics nationaux et locaux, en particulier par la construction de bibliothèques. C’est donc l’arrivée des technologies nouvelles, dévoreuses de temps, qui a pesé. Pour la musique classique, il s’agit de tout autre chose. Elle est, paradoxalement, la grande sacrifée de ces longues années. Paradoxalement, parce que les conservatoires ont coûté très cher aux collectivités territoriales.

Mais force est de constater que :

- l’effort d’équipement de la France a plus porté sur les salles de musiques amplifiées et sur les Zénith que sur les auditoriums destinés à accueillir des concerts de musique classique

- les politiques publiques, sans doute complexées par une lecture rapide de Bourdieu, ont accordé moins d’attention à la musique classique qu’aux musiques amplifiées.

On paie le prix de ces choix.

Philippe PUJAS