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TURQUIE

PAR Philippe Pujas
samedi 24 décembre 2011

Les absurdes lois mémorielles ont encore frappé. En mettant le doigt dans l’engrenage, il y a vingt ans, avec la loi Gayssot, pétrie de bonnes intentions mais peu réfléchie, le législateur s’est érigé en magistrat de l’histoire, quand il fallait laisser les historiens faire leur travail. Mettre le doigt dans l’engrenage, c’était s’exposer au risque de devoir affronter de multiples demandes, supposées toutes justifiées, décider du juste et de l’injuste, du correct et de l’incorrect, de la vérité et de l’erreur historique. C’était aussi se poser en censeur, ce qui trouble toujours dans une démocratie.

L’épisode arménien montre l’impasse dans lequel on finit par s’enfermer. Il affaiblit la protestation que l’on a légitimement à adresser à un État turc qui a beaucoup à se reprocher non pas pour le passé, mais pour le présent. Un bref rapport de PEN International, organisation internationale d’écrivains vieille de près d’un siècle et présente dans le monde entier, alerte aujourd’hui sur la situation en Turquie. En cette fin d’année, nous dit-elle, 30 écrivains turcs sont en prison, 70 autres en procès ; 25 nouvelles arrestations ont été opérées ces jours derniers.

Nous ne visons pas, en faisant écho à ces faits, à rentrer dans la polémique entre la France et la Turquie. Ce n’est certes pas l’intention de PEN International non plus de le faire ; l’organisation est loin de cette querelle. C’est juste un bilan de fin d’année qu’elle nous présente. Notre seul propos est d’attirer l’attention sur le sort qui est celui, en ce jour de Noël et en cette fin d’année, d’hommes qui, dans leur pays, se sont battus pour la liberté d’expression, et qui ont droit à un soutien que rien ne vienne parasiter.

Philippe PUJAS