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INQUIÉTUDES

PAR Philippe Pujas
lundi 29 mars 2010

Une nouvelle fois, ce 29 mars, les professionnels de la culture ont arpenté les rues de Paris, cette fois-ci de la place du Palais-Royal au Sénat, avant de participer à une assemblée générale au théâtre de l’Odéon. Ils étaient nombreux : pas loin de 4000, sans doute. Toujours les mêmes problèmes soulevés : la baisse des budgets de l’État, les inquiétudes liées à la "RGPP" (programme de rationalisation-réduction des effectifs de la fonction publique). Mais un autre sujet occupait aussi les esprits et les slogans : la réforme des collectivités territoriales.

C’est que le monde de la culture a de bonnes raisons de s’inquiéter de cette réforme. Il a pris conscience que ce sont les collectivités territoriales qui, désormais, assurent la plus grande part des financements publics de la culture. Ils craignent la suppression possible de la clause de compétence générale, qui limiterait le champ d’intervention des pouvoirs locaux, et ils craignent autant les conséquences sur les budgets locaux de la suppression de la taxe professionnelle.

Les professionnels de la culture rejoignent ainsi les propos des élus locaux eux-mêmes, unis dans les mêmes dénonciations, et on soulignera une fois de plus ce que cette concordance de pensée a de nouveau. Elle est le fruit de la décentralisation et du paysage politique français d’aujourd’hui. La décentralisation a produit des rapports de confiance entre les professionnels et un nombre croissant d’élus, chez qui ils ont découvert un sens du service public qui semblait déserter les responsables de l’État. Si, dans le même mouvement, celui-ci ne veut plus et ceux-là ne peuvent plus, il y a évidemment de quoi s’inquiéter.

Cette rencontre entre responsables culturels et élus locaux présente naturellement un autre aspect, très politique : le dialogue s’établit mieux avec les élus de gauche. Lors de l’assemblée générale, une intervention de la salle a relevé que c’étaient des contre-pouvoirs qui avaient été élus, et qu’il y aurait des comptes à demander à ces contre-pouvoirs. Avec la droite, le dialogue semble plus difficile : la délégation qui a été reçue au Sénat dans l’après-midi n’a pu voir personne de l’UMP : tous les sénateurs de la majorité étaient retenus par le séminaire des parlementaires de la majorité autour du Premier ministre…

Philippe PUJAS