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RENVERSEMENT

PAR Philippe Pujas
lundi 22 février 2010

Une sorte de révolution s’est produite ces dernières années, sur laquelle les élections régionales donnent l’occasion de mettre l’accent : l’État s’est éloigné des artistes dans le même temps où ceux-ce se sont rapprochés des collectivités territoriales.

Plusieurs facteurs ont joué. On pensera d’abord, bien sûr, à ce que l’État lui-même a fait de ses politiques culturelles, du changement de son ton et de ses priorités. L’État n’a eu de cesse, a-t-il semblé, de servir le marché et d’en adopter les lois. Il y avait bien là de quoi déstabiliser des acteurs habitués à entendre un discours public célébrant l’intérêt général.

Or dans le même temps, la relève de ce discours était prise par les collectivités territoriales, et singulièrement par les régions, quasiment toutes dirigées par la gauche. Ces mêmes artistes ont retrouvé là le discours, et les soutiens, qu’ils étaient allés chercher auparavant du côté de l’État.

Ce fut d’autant plus facile que l’action culturelle, que le mouvement artistique lui-même avaient changé. Dans un monde artistique ayant fortement accru ses troupes, la création s’est mise à ce qu’on pourrait appeler la territorialisation. Équipes plus nombreuses allant plus en profondeur que les institutions claissiques dans le tissu des territoires, rapports plus directs avec les populations : de quoi nourrir un autre rapport aux politiques. Voilà, les deux phénomènes se conjuguant, où nous en sommes.

Philippe PUJAS