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INDÉPENDANCE DES MEDIA

PAR philippe1941
lundi 24 octobre 2016

M ; Vincent Bolloré n’est pas le premier, dans l’histoire, à ignore ce qu’est une entreprise de presse, à ne pas savoir en quoi elle ne peut pas être une entreprise comme les autres. Mais, dans la classe des ignorants, il s’est d’emblée assis au premier rang. Il a dès son arrivée, sans perdre de temps, déstabilisé son fleuron, Canal+. Et ceci fait, voilà qu’il s’attaque à I-Télé, chaîne d’information de son groupe. Il l’a fait en montrant, d’abord, son mépris des spectateurs, dont il a supposé les instincts assez bas pour se délecter de l’arrivée dans les programmes du triste JMM. Il l’a fait, ensuite, en affirmant son mépris des équipes d’I-télé, comme il l’avait fait de celles de Canal+. Il le fait enfin, très significativement, par le nom qu’il souhaite donner à son unité d’information, « News Factory ». Un nom hautement révélateur : son ambition affichée est d’être une usine à nouvelles, et d’être une usine à nouvelles dans le moule américain.

Peut-on en rester là ? Non. M. Bolloré n’est pas propriétaire des fréquences qu’il utilise, c’est l’État. L’État a aussi créé un Conseil supérieur de l’audiovisuel dont la tâche devrait être de veiller à ce que les bénéficiaires dei ces fréquences en fassent un usage convenable. Le CSA, notamment, a pour mission de veiller à l’indépendance éditoriale des media audiovisuels. Il avait, l’an dernier, auditionné M. Bolloré à propos de ses interventions intempestives dans la programmation de Canal+, et lui avait adressé une mise en garde. Il avait reçu des assurances, mais cette parole n’a manifestement pas été respectée. Peut-on espérer que, forts de cette expérience, le CSA et le ministère de la culture vont réagir fermement ?

Philippe Pujas