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LES LANGUES DE L’EUROPE

PAR Philippe Pujas
samedi 25 juin 2016

Et maintenant, quelle langue pour l’Europe ? Avancer que la leur ne peut pas être la seule utilisée par les institutions de l’Union européenne n’est pas faire injure à l’Irlande et à Malte. L’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie ont sans doute quelques titres à faire valoir en faveur de nouvelles pratiques.

On a vu, depuis une quinzaine d’années, l’anglais s’imposer comme la langue unique de Bruxelles. Le français, qui comptait encore au milieu des années 90, est devenu marginal, et l’allemand, langue du pays le plus puissant d’Europe, a complètement disparu. La victoire de l’anglais n’est pas un phénomène fortuit : elle est l’un des vecteurs du triomphe d’une idéologie, l’économisme néo-libéral, qui a plongé l’Europe dans le désastre économique, social, politique et moral.

Rebâtir l’Europe, comme cela s’avérait nécessaire bien avent la péripétie anglaise, c’est la faire repartir sur de nouvelles bases, où la culture doit avoir une place majeure, ce que ne laissent pas entrevoir, hélas, les premières déclarations des principaux responsables.

Quelqu’un adit un jour qu’on ne tombait pas amoureux d’un taux de croissance. On ne tombe pas plus amoureux d’une Europe des normes et des règlements. Faire l’Europe, c’est reconnaître qu’on a des valeurs communes, dont beaucoup sont culturelles. C’est souligner ces valeurs, c’est se retrouver dans une histoire et une géographies particulières, dans un substrat culturel qui fait qu’on se sent en famille. Les langues, richesse commune de l’Europe, font partie de ce substrat. Elles doivent retrouver leur place. L’occasion leur en est donnée.

Philippe Pujas