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UNE CULTURE DE LA VIOLENCE

PAR Philippe Pujas
samedi 31 mars 2007

Les principaux candidats à l’élection présidentielle jurent qu’ils veulent développer l’éducation artistique à l’école. Fort bien. Louons-les. Mais avant l’éducation artisitque, il y a l’éducation tout court, et la place qu’on a fait à l’enfant dans la société. Quand, dans un pays, la police pense pouvoir embarquer une mère à la sortie de l’école et laisser son enfant sur le trottoir, c’est d’abord à cette situation qu’il faut s’attaquer. Ce pays, c’est la France. Cela s’est passé à la veille du printemps, dans une école de Paris. La mère était chinoise, et sans papier. Accepter cette monstruosité, c’était accepter l’inacceptable. Les parents d’élèves présents ne l’ont pas accepté. Ils ont portesté. La mère n’a pas été emmenée. On connait la suite, largement rapportée par les media. Le lendemain, les policiers sont revenus. Il s’en sont pris cette fois à un grand-père. Les parents d’élèves ont de nouveau protesté. La police a chargé et envoyé des gazs lacrymogènes sur les parents et les enfants, dont l’un âgé de deux ans, très proche du signataire de ces lignes. Une directrice de l’école a été placée en garde à vue pendant sept heures. Tant que tout cela sera possible, il n’y aura pas de vrai projet possible pour l’éducation artistique. Souhaiton donc une autre France que celle où, à un moi d’une élection présidentielle, la police d’un ministre de l’intérieur-candidat semble se croire tout permis, où la police et le parquet mentent effrontément, et où le ministre-candidat lui-même ne paraît pas le moins ému.