Policultures

TERRITOIRES LIVRE ET INDUSTRIES ARTS VISUELS SPECTACLE UN MOIS EN BREF NOTES DE LECTURE INTERNATIONAL POLITIQUES PUBLIQUES ABONNEMENTS

CHANGEMENT

PAR Philippe Pujas
dimanche 10 mars 2013

Rien n’aurait changé depuis un an, vraiment ?

Parlons d’éducation artistique. Un projet de loi sur l’école est devant le Parlement. L’éducation artistique y trouve sa place, dans une optique beaucoup plus large que l’introduction de l’histoire des arts dans l’enseignement scolaire. La question est prise dans sa globalité, et lie ce qui se passe entre les murs de l’école et ce qui peut se pratiquer après la classe. Voilà qui résonne comme un son neuf.

Parlons langues. A la veille, ou quasiment, de la semaine de la langue française, et peu après la journée de l’UNESCO de célébration des langues mater nelles, la ministre de la culture a installé le « Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne ». Ce comité comprend des représentants de l’État, des élus locaux, des juristes, des linguistes, des universitaires. La ministre précise que le comité devra travailler “dans la perspective, soutenue par le Président de la République, de la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires”. Les conclusions du comité sont attendues pour le mois de juin prochain.

Pendant la campagne de 2012, le Président sortant avait accusé les partisans de la ratification de la charte de ne pas aimer la France. Vieux discours jacobin, qui vise moins ce texte lui-même, ratifié par de nombreux pays, que toute politique favorable aux langues régionales, supposés facteurs de désintégration nationale.

Curieux paradoxe pour une France qui se fait dans le monde le chantre de la diversité culturelle et du patrimoine immatériel, et qui , chez elle, met en danger, par son incurie, des éléments majeurs de son patrimoine immatériel. La survie des langues régionales, en France, ne repose pas, aujourd’hui, sur l’État, mais sur les Régions et les réseaux militants.

L’État, après un frémissement prometteur sous le gouvernement Jospin, s’est replié sur son front du refus. On reprend aujourd’hui le fil perdu. Avec le travail sur la charte, certes. Mais on relève aussi que la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale a soulevé la question de la présence des langues régionales à l’école à l’occasion de la discussion du projet de loi sur l’école. Le changement ?

Philippe PUJAS