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POUR COMMENCER L’ANNÉE

PAR Philippe Pujas
vendredi 8 février 2013

Le Printemps de septembre, manifestation d’art contemporain qui a posé ses valises à Toulouse il y a quelques années, change de nom, et devient Artist comes first. On a envie de s’indigner, de relever que ce petit monde tient décidément à montrer qu’il n’est pas comme tout le monde alors qu’il n’est que dérisoire , mais il se trouve que dans sa chronique du mois, écrite avant que cette nouvelle soit connue, Jacques Bertin dit excellement tout ce qu’on peut en penser. Renvoyons donc à cette chronique.

Le Président de la République s’est adressé au Parlement européen. “Ce qui nous menace aujourd’hui n’est plus la défiance des marchés, c’est celle des peuples”. Il pensait d’abord au chômage qui sévit, et désespère les Européens. Mais il a aussi appelé “la construction europénne à se donner une dimension culturelle”, qui est une autre manière de faire reculer la défiance : nous aider à comprendre ce qui nous fait Européens, et qui n’est pas seulement le marché comme voudrait nous le faire croire M. Cameron. François Hollande se dit déterminé à se battre pour l’exception culturelle. C’est un début. C’est loin, évidemment, d’épuiser le sujet.

A propos d’exception culturelle : polémique sur le cinéma. Le modèle français est en question. Il répartirait mal son argent, encouragerait les cachets mirobolants de quelques-uns. Le CNC, la ministre de la culture se défendent. Mais comment ne pas penser à notre entretien avec Pierre Étaix (Policultures de janvier) qui n’arrive pas à financer le film qu’il a envie de faire. Et comment ne pas être attentif à ce qu’écrit Jean-Pierre Mocky (Le Monde du 29 janvier) pour qui “l’aide publique doit aller aux vrais indépendants” : “Voilà soixante ans que je travaille dans le spectacle. Pendant cette période, j’ai vu des artistes de talent (ceux qui ont fait ou font le patrimoine de la France) frapper en vain à la porte des ministères, des décideurs de télévision, de commissions de toutes sortes”. Après des assises, tenues le 23 janvier, on nous annonce un comité de suivi, et de nouvelles assises en juin. Ce serait bien d’y aborder sous cet angle la question de l’exception culturelle.

La France au Mali. Les autres Européens regardent ailleurs, l’Allemagne fait le service minimum. On n’efface ni l’histoire ni la géographie, et les liens entre la France et l’Afrique restent étroits. Comment prendre en compte cette réalité, qui a une composante culturelle forte ? de nombreux dispositifs français soutiennent les artistes africains. Mais comment faire mieux ? comment rendre l’Afrique mieux présente en France ? Comment traiter les problèmes d’immigration, de circulation des artistes , pour des rapports plus fraternels ?

Philippe Pujas