Policultures
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Par deux fois, des militants de la cause climatique se sont attaqués à des œuvres d’art, qu’ils ont aspergées de soupe ou de purée, souhaitant poser par ce geste spectaculaire la vieille question : l’art mérite-t-il plus d’attention que la vie ? Ces militants ont eu la sagesse de ne s’en prendre qu’à des œuvres protégées par des vitres. Mais leur geste est révélateur. Il est frappant de constater que beaucoup de défenseurs du climat, de la biodiversité, de l’environnement au sens large, sont peu sensibles à (...)
Quand on quitte l’exposition que le musée d’Orsay consacre à Edvard Munch, on a envie qu’il fasse grand soleil et on rêve de rencontrer des visages épanouis dans les allées du jardin des Tuileries. C’est que Munch n’est pas de tout repos, et qu’il nous livre une humanité désespérée et désespérante. Or, il a pour le faire les ressources de son incomparable génie, qui nous atteint en plein cœur. Lui-même parlait d’un « pinceau brûlant ». Il a aussi écrit que « tout art doit être produit avec notre cœur (...)


Expressionisme est un mot que la France n’aime pas. Il se réfère, dans les arts, à un mouvement qui paraît à mille lieues de sa sensibilité et de ses goûts. Et quand un grand peintre issu de la veine expressionniste, Kokoschka, est exposé à Paris, on préfère voir en lui le fauve. Fauve, Kokoschka (1886 – 1980) l’a certes été par ses couleurs. Et il a regardé avec profit les fauves français contemporains de sa jeunesse. Mais ce qui le distingue d’eux, et de la plupart des artistes actifs en France dans les vingt premières années du XXè siècle, c’est que les considérations picturales chez lui, comme les autres expressionnistes de son temps, ne sont pas les seules. La peinture est un moyen parmi d’autres de dire ses révoltes, ses angoisses, une sensibilité sociale absente dans la peinture des Parisiens. Kokoschka, d’ailleurs, ne se contente pas de peindre ou de dessiner : il écrit du théâtre, des poèmes, des (...)


Les Journées du patrimoine donnent à l’infatigable Jack Lang l’occasion de pousser ce qu’il appelle lui-même « un coup de gueule » et d’appeler à une mobilisation pour la beauté. A quoi bon, écrit-il dans un texte rageur, célébrer le patrimoine si on laisse villes et villages s’enlaidir « par un urbanisme sauvage, sans âme » ? Et l’ancien ministre de la culture d’appeler à « un grand sursaut national » et, de la part de l’Etat, à « une puissante politique de la beauté ». La beauté a eu, longtemps, et notamment du temps où Jack Lang était ministre, très mauvaise presse. C’était, disait-on, une notion trop subjective pour avoir la moindre valeur. Une grande exposition à Avignon faisait son procès et la condamnait sans appel. On la sentait frémir, pourtant, comme si elle ne se résignait pas à abdiquer. C’est qu’elle avait encore ses fidèles, qui tenaient bon, réfugiés souvent dans la défense des paysages. Le paysage (...)
COULANGEON Philippe, Culture de masse et société de classes. Le goût de l’altérité, Paris, PUF, 2021, 369 pages, 20 Euros. Le sociologue Philippe Coulangeon, dont les recherches portent sur la démocratisation de la culture et de l’éducation, livre une solide réflexion sur les évolutions récentes des (...)