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LIBERTES

PAR Philippe Pujas
lundi 8 février 2021

La ministre de la culture annonce qu’elle prépare une « réouverture le plus rapidement possible des musées et des monuments », le plus rapidement étant « un mouvement de décrue de l’épidémie ». C’est bien le moins qu’elle pouvait dire, et qui n’engage à rien. Les salles de spectacle, elles, ne réouvriront que dans une étape ultérieure. Il est donc bien difficile, dans la situation présente, de répondre à l’impatience des professionnels concernés. Difficile aussi de rester sourd à un de leurs arguments : la culture est une nécessité individuelle et collective. La preuve en est faite par le vide, comme elle en a été faite par la fréquentation des librairies dès que celles-ci ont pu ouvrir après le confinement de l’automne. Il faudra qu’un pouvoir qui ne lui a pas accordé beaucoup d’importance depuis qu’il est installé en tire la leçon dès que l’horizon s’éclaircira.

Voilà six mois que l’autocrate biélorusse Alexandre Loukachenko conserve le pouvoir après avoir volé les élections. Six mois que le peuple proteste, et que la répression s’est installée. Elle touche fortement les artistes et les journalistes. Le Pen club biélorusse, association d’écrivains que préside la prix Nobel de littérature Svetlana Alexievich, relève, avec un grand courage, les multiples atteintes à la liberté des artistes, Loukachenko est tel qu’en lui-même : la répression de la liberté d’expression, notamment artistique, est chez lui une vieille pratique ordinaire, dont a particulièrement souffert le théâtre. Elle est maintenant dans un moment vif, le peuple ayant la désagréable idée de ne plus vouloir se soumettre.

La liberté a aussi quelques problèmes chez le voisin et ami de Loukachenko, Vladimir Poutine. Les manifestations de protestation contre le sort fait à Alexeï Navalny ont valu à quelques intellectuels, artistes et journalistes d’être détenus ou empêchés de travailler. Comme ses confrères biélorusses, le Pen Moscou relève ces atteintes aux libertés, soulignant qu’elles ne sont que représentatives de la répression dont ont été victimes des milliers de citoyens, détenus arbitrairement et victimes de mauvais traitements. Ceux qui se battent pour la liberté d’expression attendent de nous qu’on ne les oublie pas.

Philippe Pujas