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JOURNEE DE L’EUROPE

PAR Philippe Pujas
samedi 9 mai 2020

Etrange journée de l’Europe, en ce 9 mai qui prend pour thème cette année la solidarité européenne, comme un aveu d’échec ou une espérance jamais réalisée. Les commentaires soulignent surtout ce qui n’a pas fonctionné au sein de l’Union face au Covid-19. On met en avant les égoïsmes nationaux. Mais comment aurait-il pu en être autrement dans une Europe où les pays se connaissent si mal les uns les autres, vivent séparés les uns à côté des autres ?

L’urgence demeure, si on veut que se développe une conscience européenne, que les peuples d’Europe apprennent à se connaître, et qu’une vision commune se dessine. Cela passe par un apprentissage de la géographie et de l’histoire, et par une meilleure information de chacun sur la vie présente de ses voisins. Comment le faire quand aucun programme commun d’histoire et de géographie n’a jamais réussi à s’installer, quand les télévisions des uns et des autres donnent plus de place à l’actualité des Etats-Unis d’Amérique qu’à celle de l’Europe, quand la langue commune est celle des USA et que l’apprentissage de la langue du voisin, donc de sa culture, se perd, et que l’imaginaire de tous est sous contrôle des GAFA et autres Netflix ? Le ciment de l’Europe de Robert Schuman, qu’on célèbre aujourd’hui, était le charbon et l’acier, qui imbriquait les économies les unes avec les autres. Celui d’aujourd’hui a besoin de connaissance réciproque parmi ses constituants principaux.

Philippe Pujas