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LES OUIGHOURS, PATRIMOINE EN DANGER

PAR Philippe Pujas
mardi 10 décembre 2019

Le Comité du patrimoine immatériel de l’UNESCO tient sa session 2019 à Bogota (lire par ailleurs). Parmi les dossiers qu’il a à examiner, l’inscription de six éléments sur la liste du patrimoine en danger, liste qui « recense les éléments du patrimoine vivant dont la pérennité est menacée ». On ne s’étonnera pas d’y trouver la communauté la plus importante « dont la pérennité est menacée », les Ouighours. Ceux-ci se battent depuis de longues années pour sauvegarder leur culture et conquérir le minimum d’autonomie qui leur permettrait de le faire. Après des années de luttes sourdes, la Chine, on le sait, s’est engagée dans une répression implacable à grande échelle, que le monde observe avec impuissance. L’UNESCO est plus impuissante que quiconque : sur sa liste ne figurent que des dossiers présentés par des Etats membres. C’est un travail dont il n’est pas question de nier l’utilité, mais qui trouve ici ses limites : les communautés mises en péril par les Etats des pays où ils vivent sont hors du champ. La défense de ces communautés-là passe par une vigilance internationale où se rejoignent organisations de défense des droits de l’homme, media et consciences mondiales. Les Nations Unies trouvent là une de leurs limites. Plus d’une vingtaine de pays, dont la France, y ont certes dénoncé il y a quelques semaines la répression chinoise. Mais ce n’est pas là, où la Chine a le pouvoir de tout bloquer, que peut, semble-t-il, s’établir le bon rapport de forces. Il faut gagner la bataille de l’opinion.

Philippe Pujas