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JOURS NOIRS

PAR Philippe Pujas
mercredi 27 novembre 2019

Tiens ! Voilà que le gouvernement et l’Assemblée nationale montent au créneau contre le « Black Friday ». Le Black Friday est arrivé chez nous il y a quelques années, déferlant avec la force d’un tsunami. On a pu voir la première fois avec un certain ébahissement l’irruption d’un phénomène typiquement américain, lié à une fête totalement étrangère à notre culture, le Thanksgiving Day. Il est vrai qu’avec le génie qui la caractérise, la société américaine a vite associé à la fête de famille une ode au commerce et à la consommation. Mais enfin, il n’y avait là rien qui nous concernât. On se trompait. Le commerce est mondial, la force de la pub aussi, nous étions mûrs. Qu’est-ce qui fait que ça change soudain, que cette année les plus hautes autorités, jusque là complaisantes, aient envie de mettre le holà ? La vague écolo. Finis les discours sur la consommation ; économisons.

C’est un bon début. Encore un peu, on ne tardera pas à nous dire que l’avoir vaut moins que l’être, et qu’il ne faut pas faire de l’économie un absolu. C’est encourageant. On voit les perspectives : moins de travail le dimanche, le holà au travail jusqu’à minuit dans les commerces, tendances que le gouvernement encourageait encore la semaine dernière ou quelques semaines plus tôt. On entend le nouveau discours, on entend le Pouvoir nous dire que cette extension du domaine du commerce nuit à la vie familiale, à la santé, à la culture, à la nature, et à l’être. Réjouissons-nous : après les vendredis noirs, c’est aux dimanches noirs que le gouvernement, n’en doutons pas, s’attaquera.

Philippe Pujas