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SEINE-SAINT-DENIS : UN PROGRAMME SANS CULTURE

PAR Philippe Pujas
samedi 2 novembre 2019

Le Premier ministre a présenté vingt-trois mesures en faveur de la Seine-Saint-Denis. Aucune d’entre elles n’a trait à la culture.

IL fut un temps où on raisonnait autrement. On connut même naguère un ministre de droite, Philippe Douste-Blazy, qui avait fait des projets culturels de quartier le cœur de son programme. Des artistes avaient été mobilisés, l’Etat avait un effet d’entraînement, soutenait les équipes artistiques et les associations, et cela donnait, souvent, de beaux résultats. Tout cela est loin. L’Etat a oublié, dans les quartiers, le champ culturel, le laissant à l’initiative des villes et des départements quand ceux-ci en ont la volonté, ou bien le laissant à l’abandon si les collectivités territoriales ne faisaient rien. Pis : on a vu le préfet de Seine-Saint-Denis aider le maire UDI de Saint-Ouen, en lui envoyant la force publique, à expulser un lieu culturel remarquable, Main-d’œuvres. Et on se souvient que l’un des premiers actes de l’actuel gouvernement fut de s’attaquer aux emplois aidés, dont bénéficiaient de nombreuses associations culturelles.

Une politique de démocratisation culturelle ne peut pas se réduire à une opération commerciale confiée à une « start-up », le « pass culture ». C’est l’action humaine de terrain, au plus près des gens, parmi eux et avec eux, par des équipes dont on ne rogne pas les moyens et qui se sentent encouragées, c’est par une politique systématique de présence de la culture que se règle, pas seulement certes, mais aussi, les problèmes d’un territoire. Dommage qu’on l’oublie en haut lieu.

Philippe Pujas