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LE SYNDEAC VEUT PESER SUR LE BUDGET 2020

lundi 1er avril 2019

Le Syndeac prend les devants, et se lance dès maintenant dans la bataille pour le budget 2020 de la culture. C’est que le syndicat des employeurs du spectacle vivant public est échaudé par la situation présente et ses rapports avec le pouvoir depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Il voit que le budget stagne à moins de 0,7% du budget total, et que le pouvoir l’ignore superbement : pour la préparation du budget 2019, il n’a été reçu ni par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, ni par aucun représentant de la majorité parlementaire. Il est donc urgent de s’exprimer si on veut peser dans le débat.

Dans ce débat, le Syndeac avance trois propositions :

1/ il demande une augmentation du budget de la culture. Cette proposition peut paraître décalée dans le contexte actuel de chasse aux dépenses publiques, mais Marie-Jo Malis, présidente du Syndeac, la justifie par le retard accumulé et par la revendication d’une vraie priorité pour un secteur sacrifié depuis dix ans. Pour Marie-Jo Malis, il est temps : c’est maintenant, après deux années sans aucun signe tangible de l’Etat en faveur d’une grande politique culturelle, que le quinquennat se joue. Le Syndeac fait une proposition : qu’une commission ad hoc constituée par les commissions des finances et des affaires culturelles de l’Assemblée nationale évalue la consommation du budget du ministère de la culture. Cela devrait donner de bonnes bases.

2/ le Syndeac relève qu’une bonne politique culturelle est une politique interministérielle, où la culture rencontre l’aménagement du territoire, la politique sociale, l’éducation, les affaires étrangères… Il est, dit-il, « urgent de sensibiliser l’ensemble des départements ministériels sur les ambitions renouvelées d’une politique publique de la culture ». Urgent aussi, souligne Marie-Jo Malis, « d’engager une politique résolument interministérielle sur des objectifs coordonnés ». De quoi notamment, plaide-t-elle, mieux travailler avec l’argent déjà là. Une telle coordination, que concrétiserait un Comité interministériel présidé par le Premier ministre, pourrait donner un objectif de 2% du budget total à la politique culturelle. Et elle aiderait à mieux travailler avec les collectivités territoriales, principaux financeurs publics de la culture. Elle leur donnerait un signal fort, à un moment où s’exprime chez beaucoup d’entre elles aussi une tendance à négliger la culture.

3/ enfin, le Syndeac rappelle qu’il plaide pour l’expérimentation et l’innovation, « pour refonder notre action au cœur des territoires », précise Marie-Jo Malis. Le Syndeac parle d’« aggiornamento ». Il s’agit, avec les artistes, et avec les équipes gérant les scènes publiques, de produire des prototypes d’actions qui irriguent les territoires et nouent avec les habitants de ces territoires des liens qui « s’appuient sur le désir de renouvellement de l’éducation populaire ». Ces projets doivent avoir leur propre ligne dans le budget du spectacle vivant.