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ET UN DE PLUS…

PAR Philippe Pujas
mardi 16 octobre 2018

Encore un nouveau ministre de la culture : Franck Riester succède ce 16 octobre à Françoise Nyssen. François Hollande aura usé trois ministres en cinq ans, et Françoise Nyssen ne sera même pas restée dix-huit mois. Elle était condamnée. Elle laisse le ministère en mauvais état. Est-ce sa faute ? L’accuser, comme cela a été trop fait, serait trop facile. Certes, elle est arrivée en néophyte de la politique, et il lui a fallu du temps pour prendre ses marques. Mais elle avait fini par comprendre les ressorts de l’action publique, et elle commençait à posséder ses dossiers, du moins ceux qu’on voulait bien lui laisser. Elle n’est pas la seule à avoir eu besoin du temps qu’on ne lui a pas laissé.

Mauvais état du ministère ? Il n’a plus toutes ses compétences, puisqu’on s’est aperçu un jour en haut lieu qu’il pouvait y avoir conflit d’intérêt entre la ministre de la culture et l’éditrice, et que la littérature était partie à Matignon. Il lui manque aussi des responsables, dont la nomination tarde. Mais ce n’est pas ce qui compte le plus. Ce qui a le plus manqué à Françoise Nyssen et au ministère, c’est une volonté politique au plus haut niveau, celle de placer la culture au cœur de l’action publique. On vient de constater avec l’élection de la secrétaire générale de la Francophonie que les objectifs étaient ailleurs.

Les choses pourraient-elles changer ? Françoise Nyssen, qui venait du monde culturel, n’a rien pu faire. Un politique comme l’est son successeur le pourra-t-il ? Il s’est intéressé à l’audiovisuel plus qu’à la culture, il a œuvré pour le centre national de la musique à venir, mais sa nomination rue de Valois répond à des considérations d’équilibre politique. Pourra-t-il peser ? En aura-t-il le goût et la passion militante, dans ce ministère du sensible ? C’est ce qu’il a promis lors de sa prise de fonction. Mais il l’a dit sans passion.

Philippe Pujas