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D’EREVAN A PARIS

PAR Philippe Pujas
vendredi 12 octobre 2018

La francophonie a-t-elle été enterrée à Erevan, lors du sommet qui vient de s’y tenir ? On peut le redouter, tant la nomination à la tête de l’OIF de la très contestée ministre des affaires étrangères du Rwanda crée la polémique, et oblige à se poser la question du rôle de l’institution. Le Président de la République française était un fervent partisan de cette nomination. Arrivé tout droit d’une rencontre à Paris de start-ups de la French Tech où il avait émaillé son discours de mots anglais, le patron de la start-up nation France a réaffirmé son soutien.

Or cette place donnée au Rwanda dans l’institution pose problème de deux points de vue. Il y a, d’abord, la question des droits de l’homme. Certes, tous les pays francophones ne sont pas absolument exemplaires, mais le Rwanda arrive avec une réputation sulfureuse justifiée, et la nouvelle secrétaire générale de l’OIF elle-même avait déclaré, au moment où se candidature se dessinait et divisait, il y a quelques mois, que la démocratie était une notion relative. Voilà qui sème un premier trouble.

Et puis, il y a la question du rapport à la langue française. Ceux qui sont troublés imaginaient, sans doute naïvement, que l’amour de cette langue, la volonté de la défendre, était un ciment de la francophonie. Or le Rwanda est le pays qui a remplacé le français par l’anglais dans l’enseignement et a adhéré au Commonwealth. A priori, on fait mieux en matière d’amour de la langue française, d’autant que la nouvelle secrétaire générale est … professeur d’anglais. Il est vrai qu’Emmanuel Macron lui-même, dans son discours à Erevan, a opposé le français, langue de la création, à l’anglais, langue du commerce. En matière de position offensive, on doit aussi pouvoir faire mieux… On attend de la nouvelle secrétaire générale qu’elle rassure, et fasse ses preuves. Faute de quoi la francophonie sera à réinventer ailleurs.

Le revoilà ! A peine renommé adjoint à la culture de Paris, Christophe Girard, un des plus en vue des chantres de la branchitude, fait parler de lui. Le pot de tulipes de Jeff Koons, monstrueux et coûteux, dont personne ne veut, il va quand même l’installer. Ça ne peut pas être au pied du Palais de Tokyo ? Peu importe. Ce sera dans les jardins du Petit Palais. Si ça recommence comme ça, ça promet !

Philippe Pujas