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NOTES

PAR Philippe Pujas
vendredi 5 octobre 2018

Ces jours-ci a lieu à Châlons-en-Champagne un festival de cinéma intitulé « War on screen ». Pourquoi pas « la guerre à l’écran » ? Ce serait moins chic, moins dans le vent. C’est aussi plus bête, et même ridicule. La légèreté avec laquelle certains Français jugent que leur langue n’est plus pertinente pour informer, et que l’anglobish lui est supérieur, reste confondante. Mais c’est que, vous réplique-t-on, il s’agit d’un festival international ! Pour être international en France, il ne faudrait pas parler français, mais la langue dominante ? Pourquoi pas, au moins, les deux langues dans le titre ? A Châlons-en-Champagne, il y a des acculturés heureux.

Justement, la commission d’enrichissement de la langue française donne sa version française de « fake news ». Ce sera infox, plutôt bien trouvé. L’Académie française nous rappelle que depuis l’édit de Villers-Cotterets, la langue de la France est le français, et que tous les Français doivent comprendre ce que leur disent les officiels. Il est vrai que dans la « start up nation » de l’actuel président de la République, on ne peut pas dire que le bon exemple vient du sommet. On rêve de circulaires qui obligeraient toutes les manifestations recevant des subventions publiques à avoir des titres en français, de publicitaires qui respectent la loi Toubon, d’une RATP qui en ferait autant, etc. Du travail en perspective pour Villers-Cotterets, qui doit devenir une « Cité de la Fancophonie » selon le vœu du président de la « start up nation » ?

Quelques jours après les journées du patrimoine, l’Assemblée nationale a approuvé en dernière lecture la loi ELAN, faite pour faciliter la construction, et qui limite le pouvoir d’intervention de l’architecte des bâtiments de France, sans que le ministère de la culture ait protesté. La même loi s’attaque à la loi littoral. Dangereux précédents.

Dans Libération du 5 octobre, une belle tribune du libre Jean-Pierre Vincent. Il rappelle aux politiques ce mot de Benedetto Croce repris par Gramsci : « L’art est éducatif en tant qu’art, et non en tant qu’art éducatif ; car en tant qu’art éducatif, il n’est rien ; et le rien ne peut rien enseigner ».