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LE LOTO DE LA COLERE

PAR philippe1941
lundi 3 septembre 2018

Coup d’envoi ce 3 septembre pour le loto du patrimoine, dont on attend qu’il apporte aux monuments français une petite vingtaine de millions d’euros par an. Cette vieille idée enfin mise en œuvre par le très médiatique Stéphane Bern ne part pas sous les meilleurs auspices. Son lancement a été précédé du coup de colère de Stéphane Bern lui-même, qui semble constater qu’il a , comme Nicolas Hulot, été utilisé pour faire croire à une politique qui n’existe pas : la protection du patrimoine, dans le nouveau monde, ne pèse pas plus que celle de l’environnement. L’homme de télévision propulsé dans le monde politique y a découvert qu’entre les paroles et les actes le fossé pouvait être profond, et qu’une politique gouvernementale se juge à l’ensemble de ses actions.

Sa colère s’appuie notamment sur ce que les associations du patrimoine dénoncent depuis des semaines : les ravages attendus de la loi ELAN qui, sous prétexte de faciliter la construction, limite l’intervention des architectes des bâtiments de France. Dans la bataille parlementaire, le ministère de la culture a été singulièrement absent pour défendre les ABF et leur rôle protecteur. Le loto du patrimoine, qui à quelques jours des journées du patrimoine aurait pu être un élément d’une politique dynamique en faveur du patrimoine, n’est devenu qu’une pierre de plus à l’édifice du désenchantement.

Philippe Pujas