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DU POUVOIR

PAR Philippe Pujas
jeudi 9 août 2018

Un petit peu de bruit, une manière de prendre date pendant l’été afin de mieux en reparler dès la rentrée : la tribune publiée par le Monde le 8 août et signée par Robin Renucci et une dizaine d’autres responsables syndicaux du spectacle public attaque franchement : « la politique présidentielle affaiblit délibérément le ministère de la culture ». C’est comme un point de cristallisation d’une inquiétude aujourd’hui largement répandue. On en reparlera : il y a là la base à une bonne discussion sur la manière dont l’actuel pouvoir traite la culture.

C’est le musée du Louvre qui est responsable du très précieux jardin des Tuileries. Qu’il n’ait pas beaucoup d’égards pour lui, on le savait déjà, quand on voit, consterné, un marchand de boissons et de viennoiseries installé devant l’Arc de Triomphe du Carrousel. Aussi n’est-on même pas étonné d’apprendre qu’il a autorisé la Foiràcampion à y installer ses baraques pour Noël. Il se dit que l’Elysée ne serait pas étranger à cette étrange faveur, grâce à laquelle, en outre, il ferait la nique à Anne Hidalgo, qui a chassé des Champs-Elysées ces baraques à babioles fabriquées en série en Chine. Si c’est vrai, et s’il faut voir là la préfiguration de la politique municipale de M. Griveaux, merci de nous avoir prévenus ! Au moins, le choix sera clair !

La ministre des affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo , est candidate contre l’actuelle titulaire du poste, la québécoise Michaëlle Jean, au secrétariat général de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Elle est soutenue par la France. Le Rwanda est le pays qui a substitué chez lui l’anglais au français dans l’enseignement. Certains reprochent aussi au Rwanda de n’être pas vraiment une démocratie. « Toute la notion de démocratie et des droits, ce n’est pas toujours très clair et très précis ce qu’on veut dire par là », répond la candidate dans un entretien accordé à l’AFP. Voilà qui est clair ! Il est clair aussi que le choix français montre une fois de plus à quel point le pouvoir se soucie peu de la langue, et accessoirement de la démocratie.

Philippe Pujas