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INTOLERANCE

PAR Philippe Pujas
dimanche 28 janvier 2018

Qu’est-ce qu’on apprend ? Sans doute sous le prétexte fallacieux du 150ème anniversaire de sa naissance, il parait que les Editions Robert Laffont s’apprêtent à publier des œuvres de Maurras. Il va de soi qu’il faut interdire cette publication, comme on a poussé Gallimard à renoncer à son projet sur Céline. Dans cet ordre de choses, on ne peut que se féliciter de la décision de la ministre de la culture d’envoyer au pilon la première édition, et de commander une édition expurgée, du livre des commémorations de l’année, qui comprenait une référence inadmissible à Maurras. Parce qu’enfin, au nom de quoi devrions-nous refuser l’admirable frisson de la censure ?

Peut-on en rester là ? Il y a sans doute dans le livre des commémorations d’autres intrus, et on ne peut qu’inviter la ministre de la culture à bien le relire avant de donner son visa de censure. Et même, c’est une décision qu’elle ne peut pas prendre toute seule. On lui conseille de constituer un comité, qui pourrait, par exemple, s’appeler comité d’épuration. Les volontaires se pressent au portillon, ne les décevez pas. D’aiIleurs, ce comité pourrait resservir. Pour mettre de l’ordre dans les lettres, mais aussi pour aider à la révision des plaques de rues et au retrait de statues qui déshonorent quelques places publiques, ou pour réécrire l’histoire selon l’humeur du jour. Soyez impitoyable !

Trêve de plaisanterie. La sinistre réalité, c’est qu’une société qui réclame la censure avec la constance et l’unanimité de la France d’aujourd’hui est une société malade, et qu’elle fait un peu froid dans le dos.

Philippe Pujas