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DEUX OU TROIS CHOSES

PAR Philippe Pujas
samedi 27 janvier 2018

Qu’est-ce qui se détraque avec Jeff Koons ? Il était l’enfant chéri de la France, qui lui était amicale et complaisante : elle lui avait ouvert les portes de Versailles, organisé une grande exposition au Centre Pompidou. Patatras, fin de l’idylle ? Il faut croire que le bouquet qu’il voulait installer au Palais de Tokyo était de trop. Trop gros, trop voyant, trop exemplaire de l’art industriel, de la domination américaine, de la place insolente de l’argent dans un secteur devenu fou. Si bien que même le milieu de l’art contemporain français, si routinier d’habitude, s’offusque. La fronde est là, le front solidement tenu, la bataille du Palais de Tokyo est bien engagée : oui à l’art industriel, à condition qu’il ne dépasse pas les limites permises de l’arrogance.

Belle initiative de notre gouvernement : à la demande du Président de la République, l’Institut français va organiser une consultation citoyenne « sur la promotion de la langue française et du plurilinguisme dans le monde ». Apportons notre première pierre à l’édifice : suggérons à notre Président d’être un peu moins fasciné qu’il ne l’est par l’usage de l’anglo-américain, et encourageons-le à donner l’exemple de l’usage du français dans le monde. Rappelons-lui par la même occasion que le plurilinguisme, ce n’est pas de passer du français à l’anglais.

Des observations bienvenues des grandes associations du patrimoine. Elles sont hostiles au relâchement attendu de la protection des sites contre les éoliennes, comme elles sont inquiètes des menaces sur le patrimoine architectural et paysager qui sont en germe dans le projet de loi logement. Le ministère de la transition écologique se targue de l’accord d’associations, mais il ne consulte que des associations de défense de l’environnement, et pas du tout les associations de défense du patrimoine. Il se trouve que les premières, comme le ministère, sont absolument indifférentes à la qualité des paysages comme du patrimoine bâti et béates devant les éoliennes. Suffit-il de se concerter entre soi pour être légitime ?

Philippe Pujas