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ONE PLANET, UNE LANGUE

PAR Philippe Pujas
mardi 12 décembre 2017

La France organise ce 12 décembre à Paris un « One Planet Summit », qui suit un « Climate Finance Day », lequel peut s’appuyer sur le « Finance for Tomorrow » du ministère de l’économie. Dans les temps anciens de la ringardise, la France s’assurait que les manifestations organisées sur son sol, si elles avaient un titre en anglais, en avaient aussi un en français. Ces temps ne sont plus. La défense de la langue française, en France et dans le monde, n’intéresse plus nos gouvernants, pas plus que nos publicitaires ou des entreprises, pas plus du reste que pas mal de galeries d’art qui ne communiquent plus qu’en anglais. Le Président de la République donne lui-même l’exemple en truffant son langage de mots anglais, en employant l’anglais au-delà du nécessaire dans ses allocutions destinées à l’étranger.

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Michaëlle Jean, qui n’a pas sa langue dans sa poche, s’étonne de cette propension de la France à se tirer des balles dans le pied. Et en effet, comment un pays si peu attentif au sort de sa langue chez lui pourrait-il l’être dans le monde ? La France ne croit pas à la francophonie, et les débats budgétaires ont été l’occasion de montrer que la langue était la grande sacrifiée de la politique étrangère de la France. Faut-il se résigner à ce que cette « One Planet » dont nous parlons, nous n’en parlions plus que dans une langue ?

Philippe Pujas