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DE LA DEMOCRATIE EN EUROPE

PAR Philippe Pujas
mardi 3 octobre 2017

Dans les événements catalans, tout ce qu’on a entendu jusqu’à maintenant de la France est le soutien sans nuance à Mariano Rajoy de son Président et de sa ministre des affaires européennes. Dès dimanche soir, devant les scènes de violence policière qui avaient pour seul objet d’empêcher des citoyens de s’exprimer, des réactions nombreuses sont venues de divers responsables européens. En France, seuls les Verts ont eu sur la situation catalane une analyse digne de la situation. Le Président de la République n’a trouvé qu’à réaffirmer son appui à Rajoy, comme si rien ne s’était passé dimanche.

La France est-elle le dernier pays à pouvoir comprendre les nationalités ? Elle reste, dans son fond, jacobine, et aujourd’hui plus que jamais, avec un gouvernement dont on sent qu’il reviendrait volontiers sur la décentralisation.

Or, il existe une personnalité catalane qui lui confère les attributs d’une nation : un territoire, une langue, une culture, un imaginaire, et de plus une capitale qui est l’une des villes les plus attractives d’Europe. Cette personnalité pourrait s’exprimer au sein d’une Espagne moins butée sur elle-même que celle de Rajoy, chef d’un gouvernement minoritaire. La responsabilité des Etats voisins et de l’Europe, et plus encore après l’inqualifiable scénario de la violence contre l’expression populaire, est d’aider à recoudre le tissu déchiré, plutôt que de se réfugier derrière la légalité – qu’on invoque avec une force particulière quand elle s’oppose à la légitimité.

Avec ses positions intempestives, avec son silence devant la répression brutale de dimanche, la France s’est mise hors jeu. L’Europe commence à reprendre la main. Il lui faudra cependant cesser d’être tétanisée devant le type d’expression démocratique qui s’est manifesté en Catalogne. La question est simple : quelles sont les limites de cette expression ? Quel est le droit supérieur qui prime sur la démocratie ? La question posée par la Catalogne ne concerne pas qu’elle.

Philippe Pujas