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LA CATALOGNE, LA FRANCE, L’EUROPE

PAR Philippe Pujas
mercredi 27 septembre 2017

Mardi 26 septembre, le Président de la République française fait des propositions pour la relance de l’Europe. Quelques heures plus tard, la ministre française des affaires européennes, une certaine Nathalie Loiseau, affirme le soutien de la France au gouvernement de Mariano Rajoy, qui s’oppose en Espagne au referendum d’autodétermination de la Catalogne. Un soutien sans nuances, qui reprend purement et simplement les arguments de Madrid : le referendum est contraire à la constitution espagnole. Difficile de faire mieux pour rappeler que l’Europe à laquelle pensent Paris et les institutions européennes n’est pas l’Europe des peuples et des nations, qu’elle n’est en aucune manière celle d’une construction démocratique.

La Catalogne est une nation. Elle a son histoire, sa langue, sa culture. C’est un pays pacifique. Elle a cru à l’Europe. Elle a longtemps vécu à l’ombre de cette Europe qui encourageait les régions contre les Etats pour favoriser l’effacement des frontières nationales. Elle a rêvé, pendant et au sortir de la dictature franquiste, de cette Europe supranationale où elle trouverait toutes ses libertés.

Dans la crise actuelle, c’est à Madrid que se situent les responsabilités les plus lourdes. Le parti de M.Rajoy est buté sur les prérogatives d’un illusoire Etat sans personnalités régionales. On ne peut pas compter sur lui pour trouver des solutions raisonnables. Il transmet à la Catalogne un message simple : la force contre les urnes. Son attitude est d’autant plus stupide que rien ne dit qu’une consultation démocratique aurait débouché sur un vote favorable à l’indépendance. Il ne réussit qu’à braquer contre lui des gens qui, hostiles à l’indépendance, font maintenant front avec les indépendantistes pour soutenir le referendum. Parce qu’ils croient à la démocratie.

Cette Europe démocratique et vivante, cette pulsation populaire, c’est ce dont ne veulent ni Mariano Rajoy, ni Nathalie Loiseau, ni Emmanuel Macron, ni Bruxelles. Elle est pourtant la seule qui ait quelque chance de réussir.

Philippe Pujas