Policultures

TERRITOIRES LIVRE ET INDUSTRIES ARTS VISUELS SPECTACLE UN MOIS EN BREF NOTES DE LECTURE INTERNATIONAL POLITIQUES PUBLIQUES ABONNEMENTS

LE MINISTERE DE LA BEAUTE

PAR philippe1941
jeudi 21 septembre 2017

C’est maintenant réglé comme du papier à musique : au soir des Journées du patrimoine, on nous annonce que 12 millions de personnes y ont participé en France. Cela dure depuis des années, preuve que la manifestation, tout simplement, est entrée dans les habitudes comme un rendez-vous attendu et bienvenu. Pourquoi ce succès ? L’explosion de l’intérêt pour le patrimoine, dans les années 90, a fini par s’accompagner d’une extension considérable de la notion. On a même vu cette année des industriels des éoliennes, qui sont parmi les plus grands destructeurs de la beauté des paysages, se revendiquer patrimoine ! Il n’est donc pas inutile de revenir à quelques idées simples. Et notamment celle-ci : le patrimoine donne des leçons de beauté. Les monuments les plus prestigieux comme les plus humbles sont devenus le refuge et le conservatoire de la beauté dans le paysage, quand nos villes, leurs abords, les campagnes elles-mêmes accumulent les laideurs.

Or il semble que l’être humain soit sensible à la beauté, qu’il en ait besoin. On peut rêver que le ministère de la culture, une fois dressé comme tous les ans son bilan satisfait de la fréquentation des Journées du patrimoine, se sente une responsabilité dans la qualité des espaces français, s’en fasse le gardien vigilant auprès des autres ministères. La loi création et patrimoine a été une belle occasion perdue, et les motifs de vigilance ne vont pas manquer. A commencer, dès maintenant, par les mesures attendues sur le logement. Que signifie la réduction des normes, que signifie la volonté de contrer les recours abusifs ? Dans le passé, pour combattre la dégradation des paysages, l’action des associations de sauvegarde a été le seul vrai rempart. Là encore, la voix du ministère de la culture doit être celle qui tempère l’obsession du tout économique. Il doit être celui qui rappelle l’impératif de qualité du cadre de vie.

Philippe Pujas