Policultures

TERRITOIRES LIVRE ET INDUSTRIES ARTS VISUELS SPECTACLE UN MOIS EN BREF NOTES DE LECTURE INTERNATIONAL POLITIQUES PUBLIQUES ABONNEMENTS

PETITE CONTRIBUTION AUX DÉBATS À VENIR

PAR Philippe Pujas
lundi 26 décembre 2016

Quelques jours à peine avant le commencement d’une année qui sera marquée, en France, par l’élection présidentielle. La campagne a commencé. La primaire de la droite a laissé, se lamente-t-on, aussi peu de place à la culture qu’à l’Europe et à l’environnement. Et les premiers débats de celle de la gauche, si elles paraissent s’ouvrir davantage aux deux derniers sujets, le font bien peu, encore, à la culture.

Faut-il s’en étonner ? dans une société qui ne sait parler que d’économie - et le quinquennat qui s’achève a aggravé la situation - la place de la culture est dans un coin, loin des choses sérieuses. Quand, de plus, se posent des problèmes majeurs de sécurité, le redressement des comptes et le rétablissement de la tranquillité publique sont les seuls enjeux qui vaillent. Il faudra bien s’interroger sur ce lent effacement de la culture du champ des politiques publiques. L’absence de vision stratégique, de réflexion de fond sur la société n’y sont sûrement pas étrangères. C’est que la question centrale n’est pas l’adaptation au numérique. La question, sur le numérique, est plus simplement : en quoi favorise-t-il ou menace-t-il le type de société dans le quel nous voulons vivre ? certains scénarios sont-ils fatals, ou peut-on les maîtriser ?

Peut-être aussi s’égare-t-on en parlant de culture, concept un peu fourre-tout peu propice à une action publique réfléchie et efficace ? si, pour commencer, on réfléchissait sur les enjeux non pas de la culture mais de l’art ? sur ce que l’art apporte aux individus et à la société ? l’art qu’on regarde, celui qu’on pratique ? et accessoirement, pourquoi pas, sur ce que nous entendons par beauté, sur les rapports complexes entre l’art et la beauté, sur la double aspiration au beau et à l’expression d’un monde qui ne l’est pas toujours, tant chez les artistes que chez la plupart des hommes ? que faire de cette aspiration, qui s’exprime de plus en plus, à la beauté des villes, à celles des paysages, c’est-à-dire à la protestation contre la laideur envahissante du cadre de vie ?

Voilà, déjà, de quoi commencer à débattre…

Philippe Pujas