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LA MAIN SUR LE CŒUR

PAR Philippe Pujas
lundi 28 novembre 2016

Un petit geste de François Fillon dimanche soir : il a quitté l’estrade où il venait de saluer sa victoire en mettant la main sur le cœur. Il y a ainsi, sans qu’on le veuille, des gestes qui révèlent et qui trahissent. La main sur le cœur, on le sait, n’a rien à voir avec la tradition française ; elle est fortement ancrée dans celle des États-Unis. Voilà donc un champion des valeurs nationales qui, dès le premier soir, exprime par le geste le contraire de ce qu’il affirme par ailleurs.

Le contraire ? peut-être pas, après tout. Les choix économiques, le modèle social dont se revendique le gagnant de la primaire de la droite dessinent en effet une société à l’américaine, fortement inégalitaire. Ce geste, François Fillon n’est pas le seul à le faire en France. On l’a vu faire à des sportifs pendant l’exécution de la Marseillaise, par exemple. Il traduit l’imprégnation de la société française, comme la plupart des sociétés dans le monde, par un modèle américain véhiculé avec succès par les media.

Est-ce le modèle dont nous voulons ? est-ce celui auquel l’Europe doit se résigner ? et si oui, à quoi bon l’Europe, si elle n’est qu’un clone ? voilà des questions culturelles qu’on peut se poser à l’issue de cette primaire, où il ne fut question sérieusement ni de culture, ni d’Europe.

Philippe PUJAS